DOMMAGE OUVRAGE
| 1. Pourquoi souscrire une « dommages ouvrage » ? D'abord parce que c'est obligatoire. La loi impose à toute personne dont la responsabilité est engagée dans des travaux de bâtiment d'être couverte par cette assurance (article L111-28 du code de la construction et de l'habitat). Le professionnel qui contrevient à cette obligation risque 6 mois de prison et une amende de 75 000 € (article L111-34 du même code). Les particuliers, eux, peuvent être tentés d'échapper à cette dépense, car les textes ne prévoient aucune sanction pour la personne qui construit sans assurance un logement pour lui même, son conjoint ou leurs descendants. Toutefois c'est un très mauvais calcul. Car non seulement il s'expose à de lourdes conséquences financières en cas de sinistre, mais en plus, s'il vend son habitation dans les dix ans (suivant la fin des travaux) le notaire exigera pour constituer l'acte de vente la production de l'attestation d'assurance dommages ouvrage. À défaut, l'acheteur pourra annuler la vente ou obtenir une réduction de prix, ou encore se retourner par la suite contre le vendeur en lui demandant de payer de sa poche la réparation des malfaçons constatées sur des travaux mal réalisés. |
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2. A quoi ça sert une « dommages ouvrage » ?
Toutes les malfaçons ne sont pas prises en compte par cette assurance. Pas question de la faire jouer si, par exemple, la chambre des filles a été peinte en bleu au lieu du rose convenu, les volets sont en bois et non en PVC ou les toilettes fuient. Elle intervient exclusivement lorsque la maison devient invivable : défaut d'isolation, murs lézardés, fondations qui s'affaissent, chauffage central inutilisable…
En pratique, durant 10 ans, elle couvre tous les éléments compromettant la solidité du bâtiment (fondation instable, toiture mal faite…) et les équipements indissociables du gros œuvre (installation électrique encastrée défaillante) rendant la maison inhabitable. L'assurance jouera par exemple si l'électricité ne fonctionne pas (absence d'éclairage, de chauffage…).
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3. Qui doit souscrire la « dommages ouvrage » ?
C'est à vous de la souscrire. Cependant, dans certains cas, vous pouvez vous faire aider.
- Si vous signez un contrat de construction , le constructeur vous conseille. Mais c'est vous qui payez !
- Lors d'un achat sur plan, c'est le promoteur qui contracte cette assurance pour vous. Mais il vous la fait payer !
- Quand vous adhérez à l'association Castors pour bâtir vous-même votre maison, vous bénéficiez de leurs recommandations. Dans ce cas en effet l'assurance doit tenir compte du fait que vous intervenez personnellement sur le chantier.
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4. Auprès de qui souscrire la « dommages ouvrage » ?
En théorie, vous pouvez choisir librement votre compagnie. En pratique toutefois il n'est pas toujours aisé de trouver un assureur.
Comment procéder en cas de refus d'assurance ? Saisissez le bureau central de tarification (BTC). Il vous en désignera une d'office.
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5. Combien ça coûte une « dommages ouvrage » ?
Les cotisations restent élevées. Comptez de 3 à 6 % du coût de la construction pour une maison. Mais selon la complexité des travaux le prix peut atteindre les 8 à 10 %. N'hésitez pas à faire jouer la concurrence et à comparer les montants pratiqués par différents assureurs.
Un tarif prohibitif peut être considéré comme un refus d'assurer.
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| Bon à savoir |
| Dès l'apparition des malfacons, signalez-les sans tarder à l'assureur par lettre recommandée avec AR. Utilisez le formulaire-type que l'assureur a dû vous remettre à cet effet. Vous disposez d'un délai de 5 jours après la découverte du sinistre pour réagir. A défaut de déclaration dans les délais, l'assurance pourrait refuser de vous indemniser en totalité ou en partie. À réception de votre déclaration, la procédure diffère suivant le montant des dommages estimés par l'assureur :
Si l'assureur ne respecte pas les délais légaux (envoi de la proposition d'indemnisation, versement de l'indemnisation…) vous pouvez engager les dépenses nécessaires aux réparations. Il sera condamné à vous dédommager. |

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